résidence recherche-création

Bomi Yook

Bomi Yook est une artiste multimédia basée à Moh’kinstsis / Calgary, qui travaille avec des médias immersifs, l’animation expérimentale et l’installation. Son travail explore l’hybridité au sein de l’identité, des paysages culturels et des systèmes de savoir, s’inspirant souvent de la mémoire collective de la diaspora coréenne, avec ses liens complexes avec l’immigration et la colonisation.

Explorant les écologies de la trace – de l’autre et de l’altérité au sein de soi –, ses œuvres révèlent l’identité et les idéologies comme étant interconstitutives, considérant le monde comme un mélange paradoxal de contextes plutôt que comme des définitions distinctes et isolées.  À travers ses approches expérimentales, interdisciplinaires, basées sur les méthodes processuelles, des questions culturelles et historiques, la pratique de Yook confronte la violence et le paradoxe inhérents à la formation de l’identité et à sa poursuite sans fin de la certitude de soi.

Yook est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts de l’UCLA et d’une licence en beaux-arts de l’Université des arts de l’Alberta. Son travail a été exposé à l’échelle internationale, notamment à Los Angeles, Séoul, Toronto, Montréal, Santa Fe, en Grèce et à Calgary.

Dans le cadre de ses recherches en cours sur la colonisation japonaise et la mémoire intergénérationnelle, Yook a collaboré avec des musées, des archives et des groupes militants de premier plan, notamment le War and Women’s Human Rights Museum, la Justice Memory Solidarity Foundation, le National Museum of Forced Mobilization History, la National Foundation for Victims of Forced Mobilization et le Civic Museum of Japanese Colonial History.

à propos

K-DIALECTIC

K-DIALECTIC est un projet d’archives multidisciplinaire qui explore l’héritage violent du colonialisme japonais dans la mémoire de la diaspora coréenne à travers une installation multimédia composée d’un collage de photos d’archives et d’un documentaire fantastique animé. Plutôt que de traiter le temps comme une progression linéaire, le projet aborde l’histoire comme fracturée, cyclique et façonnée par des ruptures. S’appuyant sur des archives partagées grâce à des collaborations avec des archives coréennes, des réseaux d’activistes et des institutions culturelles, l’installation redonne vie à des documents historiques à travers une enquête multimédia.

Ensemble, l’installation photographique suspendue et le film d’animation construisent un portrait dialectique de l’histoire coréenne, où les vérités refoulées refont surface et où les fantômes des opprimés ne sont pas des vestiges passifs, mais des agents actifs de transformation. Leur présence obsédante résiste à l’effacement, imposant un règlement de comptes qui remodèle l’ordre social. Le silence créé par la violence historique est réimaginé comme un lieu propice à de nouvelles formes de mémoire collective et d’action décoloniale. Plutôt que d’affirmer le progrès comme une marche linéaire vers une amélioration inévitable, le projet montre comment le passé perdure, refaisant surface dans le présent pour confronter les significations construites par la violence historique. L’histoire n’est pas vécue comme une continuité constante, mais comme fracturée et récurrente, un champ d’interruptions où les luttes réprimées peuvent réapparaître et créer des possibilités de transformation. Le projet s’interroge sur la manière dont la pratique artistique peut naviguer dans les passés hérités de la violence historique, non pas en complétant l’histoire ou en offrant une conclusion, mais en réengageant ce qui est incomplet, réduit au silence ou perdu.